Le Forum Permanent pour l’Education Artistique* (FPEA) interroge les candidats à l’élection présidentielle sur l’éducation artistique et culturelle

Publié le par FPEA

Jeudi 15 mars au Théâtre national de la Colline à Paris à 17h

Entrée libre sans inscriptions dans la limite des places disponibles

Le Forum Permanent pour l’Education Artistique (FPEA) a adressé un questionnaire aux candidats à l’élection présidentielle concernant l’éducation artistique et culturelle des jeunes. L’esprit de cette démarche est de faire connaître, dès que possible, les propositions des candidats et des partis politiques qu’ils représentent aux acteurs directs de cette mission formatrice en direction des jeunes (enseignants/artistes/ responsables culturels et éducatifs).

Le jeudi 15 mars au Théâtre national de la Colline à Paris lors d’un échange public, les candidats pourront faire état de leurs propositions pour l’avenir, répondre aux questions et échanger avec les acteurs de terrain et des personnalités du monde de l’éducation, des arts et de la culture.

Une interpellation citoyenne !
Le Forum Permanent pour l’Education Artistique (FPEA) regroupe plusieurs associations, structures culturelles, syndicats d’enseignants et d’artistes, syndicats d’employeurs, fédérations de parents d’élèves soucieux du maintien et du développement de l'éducation artistique et culturelle dans notre pays.

L’éducation artistique et culturelle : une cause nationale !
L’éducation artistique et culturelle à l’école semble faire aujourd’hui l’objet d’un consensus national et politique. Pourtant, selon les territoires, la situation est extrêmement contrastée. Et jour après jour, un écart grandissant apparaît d’une part entre textes réglementaires, circulaires interministérielles, notes d’orientations et recommandations nationales pour la mise en œuvre de projets et, d’autre part, la réalité de la vie des classes et des établissements. Il est urgent que les candidats se positionnent sur la question essentielle de l’éducation artistique et culturelle.

Contact : fpea@wanadoo.fr/fpea.over-blog.com
Danièle Naudin : 01 45 26 22 22 /Cyril Seassau : 01 43 58 97 93

Publié dans VIE DU FORUM

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André Dubost 26/03/2007 10:54

Je ne doute pas une seconde de l’importance qu’attache Ségolène Royal à l’éducation artistique, et l’ensemble de ses réponses écrites au Forum permanent de l’éducation artistique qui s’est tenu le 15 mars 2007 au Théâtre de la Colline en témoigne.
L’une de ces réponses, cependant, est très inquiétante parce qu’elle risque d’enlever beaucoup de sens et d’efficacité à la politique annoncée en privant l’école maternelle et élémentaire d’une grande part des meilleurs acteurs de l’éducation artistique, musicale en particulier.

Ségolène Royal annonce des « mesures de bon sens qui permettront d’éviter des abus évidents et notamment la création d’un corps de spécialistes de l’intervention en milieu scolaire, ce qui viderait de son sens le principe même de partenariat ».

Sans même parler de la très vieille institution des professeurs de la Ville de Paris (musique et arts plastiques), il existe maintenant plus de 3000 musiciens intervenant à l’école, pris en charge dans toutes les régions par les collectivités territoriales, dont beaucoup sont fonctionnaires comme assistants territoriaux d’enseignement artistique (autant - faut-il le noter? - d’emplois créés et d’intermittents du spectacle en moins).
Après deux ans d’une formation très largement acquise sur le terrain, dans les Centres de formation de musiciens intervenant à l’école (CFMI) créés dans neuf universités en 1983 par le protocole d’accord Culture-Education nationale (Jack Lang- Alain Savary), ils travaillent en étroite collaboration avec les professeurs des écoles et sous leur responsabilité. Ces « dumistes » (titulaires du diplôme universitaire de musicien intervenant) sont généralement rattachés aux écoles de musique, y compris plusieurs conservatoires nationaux de régions (Aubervilliers, Chambéry, Nantes, Rennes…), où ils constituent de fortes équipes (jusqu’à 20 bientôt à Lille).

Il y a plusieurs (mauvaises) raisons à l’image négative des « spécialistes de l’intervention artistique en milieu scolaire », d’ailleurs fortement entretenue par les conseillers des actuels ministres de la culture et de l’éducation nationale.

1) On ne distingue pas entre les collèges où les enseignements artistiques existent, où le partenariat des professeurs d’art avec des créateurs ou des interprètes intervenant ponctuellement ne pose aucun problème, et l’école primaire où il en va tout autrement.

2) On ne veut pas remettre en cause ce qui apparaît comme un dogme intouchable : la polyvalence des professeurs des écoles dans tous les domaines, y compris la musique et les arts plastiques. On continue donc d’affirmer, contre l’évidence, que l’éducation artistique est dispensée à tous les enfants dès la maternelle, par des professeurs formés dans les IUFM (où ils reçoivent, de fait, au mieux entre 12 et 20 heures de formation par discipline artistique).

3) On ne distingue pas entre l’action culturelle qui permet la rencontre rare et précieuse des enfants avec les œuvres d’art, avec des créateurs et des interprètes de grand talent, et l’éducation artistique, nécessairement fondée sur une pratique fréquente des enfants.S’agissant des expressions non verbales (musique et danse, arts plastiques), dont la très grande majorité des professeurs des écoles n’ont bien naturellement pas la maîtrise, il est nécessaire qu’ils puissent s’assurer la collaboration d’artistes pédagogues formés à la direction de pratiques collectives et créatives, mais aussi à la transmission de leur art, ce qui est un métier.

Il ne faut pas, au nom du partenariat, casser cette forme essentielle du partenariat.

André Dubost 26/03/2007 10:53

Je ne doute pas une seconde de l’importance qu’attache Ségolène Royal à l’éducation artistique, et l’ensemble de ses réponses écrites au Forum permanent de l’éducation artistique qui s’est tenu le 15 mars 2007 au Théâtre de la Colline en témoigne.
L’une de ces réponses, cependant, est très inquiétante parce qu’elle risque d’enlever beaucoup de sens et d’efficacité à la politique annoncée en privant l’école maternelle et élémentaire d’une grande part des meilleurs acteurs de l’éducation artistique, musicale en particulier.

Ségolène Royal annonce des « mesures de bon sens qui permettront d’éviter des abus évidents et notamment la création d’un corps de spécialistes de l’intervention en milieu scolaire, ce qui viderait de son sens le principe même de partenariat ».

Sans même parler de la très vieille institution des professeurs de la Ville de Paris (musique et arts plastiques), il existe maintenant plus de 3000 musiciens intervenant à l’école, pris en charge dans toutes les régions par les collectivités territoriales, dont beaucoup sont fonctionnaires comme assistants territoriaux d’enseignement artistique (autant - faut-il le noter? - d’emplois créés et d’intermittents du spectacle en moins).
Après deux ans d’une formation très largement acquise sur le terrain, dans les Centres de formation de musiciens intervenant à l’école (CFMI) créés dans neuf universités en 1983 par le protocole d’accord Culture-Education nationale (Jack Lang- Alain Savary), ils travaillent en étroite collaboration avec les professeurs des écoles et sous leur responsabilité. Ces « dumistes » (titulaires du diplôme universitaire de musicien intervenant) sont généralement rattachés aux écoles de musique, y compris plusieurs conservatoires nationaux de régions (Aubervilliers, Chambéry, Nantes, Rennes…), où ils constituent de fortes équipes (jusqu’à 20 bientôt à Lille).

Il y a plusieurs (mauvaises) raisons à l’image négative des « spécialistes de l’intervention artistique en milieu scolaire », d’ailleurs fortement entretenue par les conseillers des actuels ministres de la culture et de l’éducation nationale.

1) On ne distingue pas entre les collèges où les enseignements artistiques existent, où le partenariat des professeurs d’art avec des créateurs ou des interprètes intervenant ponctuellement ne pose aucun problème, et l’école primaire où il en va tout autrement.

2) On ne veut pas remettre en cause ce qui apparaît comme un dogme intouchable : la polyvalence des professeurs des écoles dans tous les domaines, y compris la musique et les arts plastiques. On continue donc d’affirmer, contre l’évidence, que l’éducation artistique est dispensée à tous les enfants dès la maternelle, par des professeurs formés dans les IUFM (où ils reçoivent, de fait, au mieux entre 12 et 20 heures de formation par discipline artistique).

3) On ne distingue pas entre l’action culturelle qui permet la rencontre rare et précieuse des enfants avec les œuvres d’art, avec des créateurs et des interprètes de grand talent, et l’éducation artistique, nécessairement fondée sur une pratique fréquente des enfants.S’agissant des expressions non verbales (musique et danse, arts plastiques), dont la très grande majorité des professeurs des écoles n’ont bien naturellement pas la maîtrise, il est nécessaire qu’ils puissent s’assurer la collaboration d’artistes pédagogues formés à la direction de pratiques collectives et créatives, mais aussi à la transmission de leur art, ce qui est un métier.

Il ne faut pas, au nom du partenariat, casser cette forme essentielle du partenariat.

DESSEIGNE Alain 19/03/2007 18:55

Lettre aux candidats à l’élection présidentielle – 2007
 

 
 

La musique à l’école primaire
 

   Et si on parlait des « dumistes » ?
 

 
 

 
 

Madame, Monsieur,
 

 
 

J’ai pris connaissance des réponses que vous avez fournies au Forum Permanent de l’Éducation Artistique (FPEA), le 15 mars dernier, au Théâtre de la Colline à Paris. Je vous remercie de vos intentions qui rejoignent nos engagements professionnels et militants.
 

 
 

Je reste cependant surpris par une omission de votre part qui concerne l’école primaire. En effet, vous avez permis qu’émerge en France un nouveau métier unique à l’échelle de l’Europe : musicien intervenant à l’école primaire appelé « dumiste » du nom du diplôme délivré à ces musiciens professionnels qui interviennent aujourd’hui à l’école primaire : le Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant à l’école (DUMI) préparé dans 9 centres universitaires de formation de musiciens intervenant à l’école (CFMI).
 

 
 

Vous insistez souvent sur le fait que les français ont à être fiers des innovations qu’ils mettent en œuvre et dont ils ne savent pas toujours faire état tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières.
 

 
 

Or, voilà plus de 20 ans que des élèves des écoles primaires de France pratiquent la musique par le biais de ces professionnels que sont les musiciens intervenant à l’école. Les professeurs des écoles ont accueilli avec enthousiasme ce soutien pédagogique, musical et artistique qui leur permet de mettre en œuvre une véritable éducation musicale de leurs élèves. Cette ambition d’une véritable éducation musicale dès l’école primaire n’est plus aujourd’hui un vœu mais une réalité, mettant à bas toutes les images d’Epinal de quelques journalistes pouvant présenter encore malheureusement l’école primaire française comme un désert musical.
 

 
 

Nous pourrions être fiers ensemble de ces musiciens intervenants et envisager l’augmentation de leur nombre en sachant qu’ils sont aujourd’hui plus de 3000. Ce d’autant que le nombre des collectivités locales qui créent régulièrement des postes de musiciens intervenant à l’école va croissant. Ces derniers, titulaires du DUMI, accèdent, en effet, au concours de la fonction publique territoriale en tant qu’assistant spécialisé d’enseignement artistique. Il est clair que le profil d’enseignant, d’artiste et d’agent de développement culturel territorial du musicien intervenant en fait un acteur majeur de démocratisation musicale et d’aménagement culturel du territoire que les élus ont su reconnaître. Une vraie dynamique est lancée et le nombre de ces musiciens « dumistes » doit croître encore.
 

 
 

Alors, parlons des « dumistes ».
 

 
 

Alain DESSEIGNE
 

Directeur du CFMI de LYON
 

alain.desseigne@univ-lyon2.fr

paloma 17/03/2007 20:14

Bonjour,
votre forum m'aurait beaucoup intéressé, quel dommage que je ne reçois l'information que maintenant!!
je voudrais savoir si un compte rendu sera établi après....
merci merci
à bientôt,
Paloma

Claude Sonthonnax 07/03/2007 09:45

La culture est Importante à l'école et pour la société en générale. Mais je pense aussi à d'autres : que vont devenir tous ces "petits" artistes qui ne portent pas le nom de doc Gyneco ou Halliday ? Pouront-ils toujours avoir la possibilité de vivre de leur métier ou va t-on continuer à les exclure progressivement d'un système qui ne veut plus d'eux ? Quid aussi des écoles d'art dramatique privées qui forment les jeunes au métier de comédien ?